Écritures numériques pour un lendemain en culbute

Le paradoxe de l’artiste numérique conscient : comment exercer son art, qui dépend de ressources bientôt épuisées (terres rares, métaux précieux), de machines polluantes, qui par sa simple existence participe à la fuite vers le vide. Qui rejoint le paradoxe de l’artiste tout court, qui pour survivre dans un environnement précaire, doit souvent se vendre à des compagnies dont l’éthique et le fonctionnement sont à l’opposé de ses valeurs.

Une fois que le dernier iPhone sera sorti des mines chinoises, une fois que la dernière carte graphique aura rendu son dernier rendu de pixels, que nous restera-t-il à nous, les prestidigitateurs de l’ère numérique ?

Nous ne rallumerons aucun feu RGB dans des cendres froides.

Nous sommes des êtres de paradoxes. C’est notre fardeau. Vivre jour après jour dans un espace qui n’autorise aucune sainteté, aucune pureté de l’âme.